« Un jour, mendiants, je séjournais à Ourouvéla, au bord du fleuve Nerañjara, au pied du banian des chevriers, peu après avoir atteint l’éveil. Là, tandis que j’étais en isolement dans un endroit retiré, la réflexion suivante apparut dans mon esprit : “Celui qui est sans respect, sans déférence, vit dans le mal-être. En dépendance vis-à-vis de quel renonçant ou brahmane devrais-je vivre en l’honorant et le révérant ?” Alors, mendiants, je me suis dit : “Ce serait pour parfaire une accumulation de vertu imparfaite, que je vivrais en dépendance vis-à-vis d’un autre renonçant ou brahmane en l’honorant et le révérant. Mais je ne vois dans le monde avec ses dévas, Maras, Brahmas, avec ses renonçants et brahmanes, dans cette population avec ses dévas et humains, aucun autre renonçant ou brahmane qui soit plus accompli que moi en vertu, et en dépendance vis-à-vis de qui je pourrais vivre en l’honorant et le révérant.” “Ce serait pour parfaire une accumulation de concentration imparfaite, que je vivrais en dépendance vis-à-vis d’un autre renonçant ou brahmane en l’honorant et le révérant. Mais je ne vois dans le monde avec ses dévas, Maras, Brahmas, avec ses renonçants et brahmanes, dans cette population avec ses dévas et humains, aucun autre renonçant ou brahmane qui soit plus accompli que moi en concentration, et en dépendance vis-à-vis de qui je pourrais vivre en l’honorant et le révérant.” “Ce serait pour parfaire une accumulation de discernement imparfaite, que je vivrais en dépendance vis-à-vis d’un autre renonçant ou brahmane en l’honorant et le révérant. Mais je ne vois dans le monde avec ses dévas, Maras, Brahmas, avec ses renonçants et brahmanes, dans cette population avec ses dévas et humains, aucun autre renonçant ou brahmane qui soit plus accompli que moi en discernement, et en dépendance vis-à-vis de qui je pourrais vivre en l’honorant et le révérant.” “Ce serait pour parfaire une accumulation de libération imparfaite, que je vivrais en dépendance vis-à-vis d’un autre renonçant ou brahmane en l’honorant et le révérant. Mais je ne vois dans le monde avec ses dévas, Maras, Brahmas, avec ses renonçants et brahmanes, dans cette population avec ses dévas et humains, aucun autre renonçant ou brahmane qui soit plus accompli que moi en libération, et en dépendance vis-à-vis de qui je pourrais vivre en l’honorant et le révérant.” Alors, mendiants, je me suis dit : “Je n’ai qu’à vivre en dépendance vis-à-vis de ce Dhamma auquel je me suis éveillé, en l’honorant et le révérant.”