Et qu’est-ce, Visakha, que l’Ouposatha des Sans-nœuds ? Il y a des sortes de renonçants qui s’appellent les Sans-nœuds. Ils exhortent leurs disciples de la manière suivante : “Venez, chers messieurs, apaisez vos querelles avec les êtres qui vivent à plus de cent yojanas vers l’est. Apaisez vos querelles avec les êtres qui vivent à plus de cent yojanas vers l’ouest. Apaisez vos querelles avec les êtres qui vivent à plus de cent yojanas vers le nord. Apaisez vos querelles avec les êtres qui vivent à plus de cent yojanas vers le sud.” Ainsi, ils incitent à la sympathie et à la compassion envers certains êtres, mais pas envers d’autres. Le jour de l’Ouposatha, ils exhortent leurs disciples de la manière suivante : “Venez, chers messieurs, retirez tous vos vêtements et dites ceci : ‘Je n’appartiens à personne nulle part, et il n’y a rien nulle part qui m’appartienne’”. Cependant, les parents (de cette personne) savent : “C’est notre enfant” ; et lui même sait : “Ce sont mes parents”. Sa femme et ses enfants savent : “C’est celui qui nous nourrit” ; et lui même sait : “Ce sont ma femme et mes enfants”. Ses serfs, travailleurs & servants savent : “C’est notre patron” ; et lui même sait : “Ce sont mes serfs, travailleurs & servants”. Ainsi, au moment où (les renonçants Sans-nœuds) devraient inciter à (respecter) la vérité, ils incitent aux paroles fausses. Car, je le dis, ce sont des paroles fausses. Et lorsque cette nuit-là est passée, (le disciple) fait usage de richesses qui ne lui ont pas été données. Car, je le dis, c’est prendre ce qui n’a pas été donné. Voici, Visakha, ce qu’est l’Ouposatha des Sans-nœuds. Lorsqu’il est observé ainsi, l’Ouposatha des Sans-nœuds ne porte pas beaucoup de fruits, n’apporte pas de grands bienfaits, il n’a pas une bien grande splendeur et n’a pas une grande diffusion. Et qu’est-ce, Visakha, que l’Ouposatha des êtres nobles ? L’esprit souillé est purifié au moyen d’une technique appropriée. Et comment, Visakha, l’esprit souillé est-il purifié au moyen d’une technique appropriée ? À cet égard, un noble disciple se remémore le Tathagata : “Assurément, ce Fortuné est un arahant véritablement éveillé, accompli en connaissance et en (bonne) conduite, sublime, connaisseur du monde, suprême guide des personnes désirant l’entraînement, enseignant des dévas et des humains, un Fortuné éveillé.” Lorsqu’il se remémore le Tathagata, son esprit devient serein et la joie apparaît. Les souillures de l’esprit sont alors abandonnées tout comme la tête, lorsqu’elle est souillée, est purifiée au moyen d’une technique appropriée.